J'en crèverais • I would die

25 Février 2014 - February 25th

Tu ne t'étonneras pas que je pleure en écrivant ces lignes. Tu ne t'étonneras pas non plus de me voir serrer dans la paume de ma main le collier que tu m'as donné. Tu n'en seras pas étonné parce que que tu ne le sauras jamais. Parce que plus jamais je ne saurai te dire ces choses là. Plus jamais je ne saurai te dire à quel point je souffre sans toi. Non, plus jamais je ne pourrai te dire que je t'aime.

Toi tu ne sais pas tout ça, mais moi je sais que je suis incapable de contrôler mes larmes quand je pense à toi, quand je repense à nous. C'est pourtant bel et bien fini. Mais dans mes rêves, dans mes plus abstraits espoirs, c'est bien toi que je serre tout contre moi. Je ne ressens plus rien. Je ne peux plus. Je suis un cœur de glace, un cœur sans espace. Tu ne te demandes pas pourquoi j'ai toujours l'air d'aller si bien. Tu ne te demandes jamais pourquoi j'ai toujours tant de belles histoires à te raconter. C'est pourtant clair, je ne vais pas bien et aucune de ces merveilleuses choses ne m'est arrivée. Tu me racontes à quel point la fille que tu viens de rencontrer est parfaite, à quel point tu te sens vivant. Moi je ne peux dire à personne à quel point le seul homme parfait pour moi c'était toi, ni à quel point je me sens morte à l'intérieur. Ces gens me prendraient pour une dépressive, une folle, une acharnée. Ils n'auraient pas tort. Oui je pleure parce que mes journées sont trop difficiles. Oui je dis des bêtises et parfois pense à l'impensable. Oui je m'acharne à croire qu'un jour je te reverrai, et j'admets que mes yeux sont restés dans les tiens. Tu ne peux pas savoir à quel point j'ai mal. Ni à quel point l'été de ma vie est hivernal. Je confonds le réel et l'irréel, le mortel et l'immortel, je confonds mes rêves avec ma vie et mes espoirs avec mes peines.

Est-ce que tu te demandes ce que nous aurions pu devenir si la vie ne nous avait pas séparés ? Moi j'y pense tous mes pauvres jours. Si des océans ne séparaient pas les terres, si des frontières ne séparaient pas les gens, et surtout si l'argent ne séparait pas les êtres chers, nous serions, j'en suis sûre, heureux et amoureux. Et tu sais quoi ? Non, tu ne le sauras pas... Mais c'est ça qui fait le plus mal. C'est de me dire que si la chance avait été de notre côté, je n'aurais pas à être seule ; je n'aurais jamais eu à cacher mes hurlements de douleur. Je ne peux plus aimer, je ne peux plus espérer. Tu étais celui qu'il me fallait. En tous points, tu étais celui qui me correspondait. De A à Z, de la tête aux pieds, du début à la fin. Je ne croyais pas aux âmes sœurs. Et un jour je t'ai rencontré. Poussés par les mêmes ambitions, portés par les mêmes passions, forgés par les mêmes convictions, regards tournés dans la même direction. Je me suis enfin crue sortie de l'enfer. Je pensais enfin avoir échappé aux pleurs et à mes peurs. Je ne pouvais nier l'évidence. Tu étais la moitié, ma moitié. Tu as su m'offrir les ailes dont j'avais besoin pour m'envoler, la clé pour ouvrir ma cage dorée. Comment pourrais-je décemment trouver quelqu'un comme toi, quelqu'un qui se complète tellement avec moi. Ça me brûle à l'intérieur, ça me détruit à l'intérieur. Je m'étouffe dans mes sanglots, je ne trouve plus mes mots... Ils ne sont pas assez forts. Tu étais mon trésor. Quand je pense enfin tourner la page, tout me rappelle à ton image. Oui je me dis qu'un jour, le destin le voulant, nous nous retrouverons. C'est idiot, hein... Mais tu ne le sauras jamais. Parce que je ne peux pas te le dire. Parce que ça ne servirait strictement à rien de te le dire. Je ne peux même pas te demander si encore tu penses à moi, si toujours tu gardes en mémoire cet amour que l'on se portait. Je ne peux même pas savoir ce que tu en pensais. Mais la seule chose que je pourrai savoir, c'est si tu viens à m'oublier. Et ça, si cela doit arriver, je ne veux pas le savoir.

 J'en crèverais.


 
You will not be surprised if I cry when I write these lines. You will not be surprised either to see me clasp in the palm of my hand the necklace you gave me. You will not be surprised because you will never know. Because never again can I tell you these things. Never again can I tell you how much I suffer without you. No, never again can I tell you that I love you.

You do not know all that, but I know I can not control my tears when I think of you, when I think of ourselves. It is nevertheless finished. But in my dreams, in my most abstract hopes, it is indeed you that I squeeze against me. I do not feel anything. I can not anymore. I am a heart of ice, a heart without space. You do not wonder why I always look so good. You never wonder why I always have so many beautiful stories to tell you. Yet it is clear, I am not well and none of these wonderful things has happened to me. You tell me how perfect the girl you've met is how you feel alive. I can not tell anyone how the only perfect man for me was you, or how much I feel dead inside. These people would take me for a depressive, a mad, a fierce. They would not be wrong. Yes I cry because my days are too difficult. Yes I say nonsense and sometimes think of the unthinkable. Yes, I hate to believe that one day I shall see you again, and I admit that my eyes have remained in yours. You can not know how bad I am. Nor is the summer of my life wintering. I confuse the real and the unreal, the mortal and the immortal, I confuse my dreams with my life and my hopes with my sorrows.

Do you wonder what we might have become if life had not separated us ? I think of all my poor days. If oceans did not separate land, if borders did not separate people, and especially if money did not separate loved ones, we would, I am sure, be happy and in love. And you know what ? No, you will not know... But that's what hurts the most. It is to tell me that if luck had been on our side, I would not have to be alone ; I would never have had to hide my howls of pain. I can no longer love, I can no longer hope. You were the right one for me. In every respect, you were the one who corresponded to me. From A to Z, from head to toe, from beginning to end. I did not believe in soul sisters. And one day I met you. Driven by the same ambitions, carried by the same passions, forged by the same convictions, gazes turned in the same direction. I felt I was growing wings. I finally thought I was out of hell. I thought at last I had escaped from the tears and my fears. What a mistake... I could not deny the obvious. You were half, my half. You have offered me the wings I needed to fly, the key to open my golden cage. How could I decently find someone like you, someone who completes so much with me. It burns me inside, it destroys me inside. I choke in my sobs, I can not find my words... They are not strong enough. You were my treasure. When I finally think of turning the page, everything reminds me of your image. Yes, I think that one day, destiny wills, we will meet again. It's silly, eh... But you'll never know. Because I can not tell you. Because it would not serve any purpose to tell you. I can not even ask you if you still think of me, if you always keep in mind that love that we had. I can not even know what you thought. But the only thing I can know is if you come to forget me. And if that happens, I do not want to know.

I would die.

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