Infinity

2 Juin 2016 - June 2nd

Il y a 17, 18, 19, 22, 25, 30 ans... ; vous avez débarqué dans cet endroit que l'on appelle la Terre. Terre sur laquelle des milliards de gens se bousculent les uns les autres pour parvenir à leur fin, pour se lamenter, pour trouver le bonheur. Vous avez des souvenirs de votre enfance, de vos vêtements ringards et usés, ou non. Qu'importe. Vous savez que vous avez fêté autant d'anniversaires que vous avez vécu d'années sur cette chère planète. Celui de l'an dernier est sûrement encore bien en votre mémoire. Celui de l'an précédent un peu moins déjà. Et ensuite ? Mis à part peut être quelques exceptions dues à des évènements marquants, vous souvenez-vous de vos anniversaires ? Tous ? Non, n'est-ce pas... Maintenant vous pouvez vous rendre compte. Vous rendre compte à quel point le temps file sans vous laisser l'occasion de vous en apercevoir. Si vous êtes une personne comme moi, vous vous direz maintenant que nous ne contrôlons pas grand chose. 

Et bien c'est vrai. C'est cela, la vérité. 

La Terre se situe dans le système solaire et tourne sur elle-même autour du Soleil en 365 jours, soit une année. Ce système solaire se situe lui même dans l'espace, soit selon la définition, une zone relativement vide de l'Univers, au-delà des atmosphères des corps célestes. L’Univers étant décrit comme un espace sans fin, sans limites. Concrètement ce n'est donc plus réellement un espace, étant donné qu'il ne connait aucune limite... Une seule chose est certaine ; le temps est semblable à cet univers infini. Vous pensez -et tout le monde pense à tort- que le jour de votre mort, le temps s'arrête. C'est faux. Votre temps s'arrête. Le concret disparaît, le réel s'en va. Votre temps trouve refuge dans le cœur et dans l'esprit des gens que vous avez aimés et qui vous ont aimé en retour. C'est une théorie. Tout comme celle de l'univers infini. Quoi qu'il en soit, le temps est tout à la fois : vide, plein, rapide, lent, important, inintéressant, profond et inutile. Quand vous pensez enfin lui échapper, il vous submerge et n'a qu'une seule idée en tête : rattraper son retard. Chaque seconde qui passe, chaque minute : c'est votre vie, votre existence. Et quand vous y pensez, quand cette idée hurle en vous, vous vous sentez piégé. Chaque seconde est perdue, anéantie. Encore une. Et hop, encore une. Vous n'arrivez plus à réfléchir et vous sombrez dans le délire. Le temps ne pardonne pas. Le temps n'attend pas. Il court. Vous pouvez vous doper, fermer les yeux, penser à autre chose ; la réalité est celle-ci : le temps gagnera la course. Mais sachez que dans ce genre de combats, nous n'avons pas besoin d'amis. Mais de concurrents. Car ce sont eux qui nous aident à nous surpasser et à faire de notre mieux. Alors souvenez vous que le temps n'est pas votre ami, mais votre ennemi. Gardez-le en tête. Et même si ce n'est qu'illusion, surpassez-le. Vous finirez au moins en vous disant que vous avez réussi à courir jusqu'au bout avec fierté. Évidemment, parfois, le temps nous effraie tellement qu'il est difficile d'oser continuer la course ; tellement la défaite nous semble évidente. Avez-vous déjà imaginé ce que sera votre vie quand vous serez vieux ? Quand vous ne pourrez même plus marcher d'une pièce à une autre ? Moi oui... Et c'est effrayant. Très effrayant. Ça ma trotte dans la tête, encore et toujours. La peur de me dire ce jour là que je n'ai pas fait de ma vie ce que j'aurais réellement voulu en faire. Ce jour là je repenserai, NOUS repenserons à ces jours passés où nous arrivions encore à sourire, à passer de beaux moments. Et nous devrons nous rendre à l'évidence ; l'atroce évidence qui nous hurle qu'à présent nous sommes seuls. L'évidence est le résultat du concours, le résultat de la course : nous avons perdu. Nous avons été écrasés sans pitié. Nous menons tous une vie différente, mais au final, nous ne serons plus des blancs, des noirs, des jaunes, des pauvres, ou des riches. Nous serons des cendres. Du néant. Du vide. De l'espace. De l'infini ? Ce qui est vraiment dommage c'est de ne s'en rendre compte seulement une fois que la fin est proche. Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Ça, je ne sais pas... Je pense qu'il vaut mieux ne jamais s'apercevoir de notre fatale erreur plutôt que de s'en rendre compte et de se dire dans notre dernier souffle que nous avons tout gâché. Car c'est une fin atroce, n'est-ce pas ? Il faut l'admettre. Pourtant c'est une fatalité. Enfin, sauf si...

Sauf si vous vous réveillez enfin. Vous devez savoir que nous aurons tous forcément des regrets à l'approche de l'âge, nous aurons tous à redire sur notre passé. Mais il est aussi possible de se dire qu'on a fait ce qu'on a pu pour gagner la course même si la victoire était inaccessible. Oui, il est possible de se dire que l'important aura été de (bien) participer. C'est cliché, mais c'est une réalité. Il est préférable de finir second que de ne pas avoir participé par peur de perdre. Alors prenez votre courage à deux mains, et faites d'une pierre deux coups : apprivoisez le temps et n'oubliez pas de mettre un pied devant l'autre pour courir. Souvenez-vous surtout que la force, ce n'est pas de ne jamais tomber, mais plutôt de réussir à se relever. Ça me fait peur de me dire que la vie se résume à si peu de choses. Mais c'est comme ça. Une vie, puis une autre, et encore une autre. Toutes commenceront et se termineront de la même façon quel que soit le chemin emprunté par la personne qui a vécu. C'est un cercle. C'est une boucle. C'est sans fin, sans limites. 

C'est l'infini.

 
There are 17, 18, 19, 22, 25, 30 years... ; You landed in this place called the Earth. Land on which billions of people jostle each other to reach their end, to lament, to find happiness. You have memories of your childhood, your clothes tacky and worn, or not. Whatever. You know that you have celebrated as many birthdays as you have lived for years on this dear planet. The one from last year is surely still in your memory. The one of the previous year a little less already. After that ? Aside from maybe some exceptions due to milestones, do you remember your birthdays ? All of them ? No, is not it... Now you can realize. You realize how much time passes without letting you have the opportunity to see it. If you are a person like me, you will tell yourself now that we do not control much. 

Well, it's true. That is the truth.

The Earth is in the solar system and rotates around the Sun in 365 days, a year. This solar system is itself situated in space, or according to the definition, a relatively empty zone of the Universe, beyond the atmospheres of the celestial bodies. The Universe being described as a space without end, without limits. Concretely this is therefore no longer really a space, since it knows no limits... One thing is certain ; Time is like this infinite universe. You think - and everybody thinks wrong - that the day of your death, time stops. It's wrong. Your time stops. The concrete disappears, the real goes away. Your time finds refuge in the hearts and minds of the people you loved and who have loved you in return. This is a theory. Just like that of the infinite universe. Be that as it may, time is at once empty, full, fast, slow, important, uninteresting, profound and useless. When you finally think of escaping, it overwhelms you and has only one idea in mind : catch up. Every second that passes, every minute : it is your life, your existence. And when you think about it, when this idea yells in you, you feel trapped. Every second is lost, annihilated. One more. And on, one more. You can no longer think and you sink into delirium. Time does not forgive. Time does not wait. He is running. You can doping, closing your eyes, thinking about something else ; the reality is : time will win the race. But know that in this kind of fighting, we do not need friends. But competitors. For they are the ones who help us to surpass ourselves and do our best. So remember that time is not your friend, but your enemy. Keep it in mind. And even if it is only illusion, surpass it. You will at least end by telling yourself that you have managed to run to the end with pride. Obviously, sometimes, time frightens us so much that it is difficult to dare to continue the race ; So defeat seems obvious to us. Have you ever imagined what your life will be like when you are old ? When you can not even walk from one room to another ? Me yes... And it's scary. Very scary. That's in my head, again and again. The fear of telling me that day that I did not do with my life what I really wanted to do with it. That day I will rethink, WE will think back to those past days where we still managed to smile, to spend beautiful moments. And we will have to go to the obvious; The atrocious evidence which screams us that now we are alone. The evidence is the result of the contest, the result of the race: we lost. We were crushed without mercy. We all lead a different life, but in the end we will no longer be white, black, yellow, poor, or rich. We will be ashes. From nothing. Emptiness. From space. From infinity ? What is really shameful is to realize it only once the end is near. Better late than never, they say. I do not know... I think it is better never to notice our fatal error than to realize it and to tell ourselves in our last breath that we spoiled everything. For it is an atrocious end, is not it? It must be admitted. Yet it is a fatality. Finally, unless... 

Unless you finally wake up. You must know that we will all have regrets as we approach age, we will all have to repeat about our past. But it is also possible to say that we did what we could to win the race even if the victory was inaccessible. Yes, it is possible to say that the important thing will have been (well) to participate. It's cliché, but it's a reality. It is better to finish second than not to have participated for fear of losing. So take your courage with both hands, and make one stone two strokes : tame the time and do not forget to put one foot in front of the other to run. Remember especially that force is not to never fall, but rather to succeed in getting up. It scares me to tell myself that life comes down to so little. But it's like that. One life, then another, and yet another. All will begin and end in the same way regardless of the path taken by the person who has lived. It's a circle. It's a loop. It is endless, limitless. 

It is infinity.

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